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Régionales : Geneviève Darrieussecq, la ministre qui redonne de l’espoir à la Macronie

June 1, 2021 by Sarah Paillou, Le journal du Dimanche

En Nouvelle-Aquitaine, la discrète Geneviève Darrieussecq, en campagne pour les régionales, est créditée d’un des plus hauts scores de la majorité présidentielle.

Elle fait partie des rares espoirs de victoire de la Macronie. De ces quelques candidats que les Marcheurs, systématiquement, brandissent comme la preuve que les élections régionales des 20 et 27 juin ne seront pas forcément une réplique de l’échec des municipales de 2020. Ministre discrète, titulaire d’un portefeuille (Mémoire et Anciens Combattants) peu médiatique, Geneviève Darrieussecq pourrait s’offrir, en Nouvelle-Aquitaine, l’un des plus jolis scores de la majorité. Les sondages l’y créditent d’environ 20% des intentions de vote et d’une place dans le trio de tête qui la rendrait incontournable.

« Notre objectif d’être faiseur de roi reste pertinent », se félicite un cadre de La République en marche (LREM). Et certains se prennent à rêver d’une victoire…

Une ministre qui vient du MoDem

En Nouvelle-Aquitaine, le profil de Darrieussecq est un atout. « Il ne faut pas sous-estimer le fait qu’avant d’être macroniste elle est MoDem, explique le politologue Jean Petaux. Dans la Région, on a clairement cette sensibilité centriste héritée de la démocratie chrétienne. » Même le sortant socialiste – et favori – Alain Rousset, qui brigue un cinquième mandat, le concède : « Il y a un socle LREM autour d’Emmanuel Macron dans la Région, et une histoire MoDem, du fait de la présence de François ­Bayrou », maire de Pau depuis 2014 et député des Pyrénées-Atlantiques pendant plus de dix-neuf ans.

Mais, note un stratège de la campagne de Darrieussecq, « on était déjà donnés haut avant la candidature officielle, ça correspond à notre socle ». « À nous de voir si on peut performer au-dessus. Dans ce cas, on aurait toutes les chances de l’emporter », conclut-il.

Pour ce faire, les macronistes misent sur l’expérience d’élue locale de Darrieussecq. « Quand je travaillais pour Alain Juppé [l’ancien maire de Bordeaux], il me parlait de la maire de Mont-de-Marsan », se souvient la numéro deux de LREM, Marie Guévenoux. Dans sa ville des Landes, tenue par la gauche depuis la Seconde Guerre mondiale, l’ex-médecin avait remporté les municipales de 2008 à la surprise générale. Et avait été réélue dès le premier tour en 2014, tout comme la liste sur laquelle elle figurait en 2020.

« Elle a une capacité à rassembler », loue Guévenoux. Petaux, lui, la trouve « courageuse ». Il se souvient d’une réunion publique, dans les années 2010, sur la ligne à grande vitesse régionale : « Il y avait une centaine de Basques et de Landais très remontés contre le projet. Elle a pris la parole pour défendre la LGV, et a été écoutée dans un silence de cathédrale! »

Jeux d’alliances

Suffisant pour séduire sur ces terres modérées? Le Rassemblement national (RN), incarné par l’élue locale Edwige Diaz, est tout de même donné sur le podium par les enquêtes d’opinion. Chez les macronistes, on mise notamment sur un mariage de second tour compliqué entre le sortant et les écologistes, ses alliés traditionnels. « Les gauches sont-elles vraiment réconciliables? s’interroge un responsable LREM. Ces élections sont plus ouvertes qu’on ne le croit. »

Le candidat d’Europe Écologie-Les Verts, Nicolas Thierry, actuel vice-président de la Région, n’évoque ainsi « aucune alliance automatique », sauf en cas de risque de victoire du RN. Rousset parle de son côté d’une « probabilité » de fusion mais, échaudé par les attaques Vertes, prévient : « Tout va dépendre de leur posture. » Et d’envisager de jouer sa réélection au troisième tour, en comptant sur des majorités de projets pour gouverner : « Est-ce qu’ on peut fonctionner à l’allemande en France? », s’interroge-t‑il.

L’hypothèse existe aussi côté macroniste. Car un rapprochement avec le candidat Les Républicains (LR), Nicolas Florian, n’est pas non plus acquis, même si celui-ci avait fusionné avec la majorité présidentielle aux municipales bordelaises de 2020. « Je ne soutiens pas du tout le Président », dit-il, accusant ­Darrieussecq d’un « double discours », quand l’intéressée regrette que « les LR [aient] mis des candidats partout parce qu’ils ont besoin de se compter avant 2022 ». Incertitude maximale, donc, qui ne devrait commencer à se dénouer qu’au soir du premier tour.

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